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Le 25 Août dernier, le journal Libération titrait « Facebook lui suggère de lire Mein Kampf ». L’info, reprise le lendemain par M6info by MSN, prend de nouvelles proportions. Les faits relatés sont anodins : un internaute utilisateur du réseau social hautement célèbre s’est vu proposé, au milieu d’autres suggestions, la lecture du non moins célèbre Mein Kampf, essai et manifeste politique qui énonce les bases idéologiques du nazisme, l’histoire des débuts du NSDAP et diverses réflexions sur la propagande ou l’art oratoire. L’histoire aurait pu s’arrêter là. C’était sans compter sur la presse, toujours encline à l’amplification et à la polémique, qui n’a eu de cesse dès lors de faire étalage de l’affaire.

L’ouvrage, même s’il n’est pas interdit en France, reste malgré tout absent des rayons de librairie, et ne connaitra (à priori) jamais de réédition. La justification évoquée est la suivante : il faut en « éviter l’exploitation éventuelle […] par des groupes néo-nazis ».

Pas de panique, désormais, et suite (grâce ?) à ce petit boom médiatique, la nation est sauvée : « Facebook a assuré avoir pris les mesures pour que sa lecture ne puisse plus être suggérée à ses membres en France ». En France, uniquement ? Pardonnez ma grossièreté, à la limite du blasphème, d’employer ici le nom tabou de censure.

Deux autres points sont également à souligner. Tout d’abord, si le but de la manoeuvre était d’enfermer à jamais le démon nazi dans la sphère de l’oubli, c’est un bel échec. Le meilleur moyen d’étouffer l’affaire aurait en effet consisté à la passer sous silence. La presse en a décidé autrement. Manège volontaire ou erreur de calcul ? Qui sait. Il n’empêche que loin de soustraire à nos esprits ce triste passage de l’Histoire, elle l’a fait rejaillir au premier plan de l’actualité.

Deuxièmement, croit-on sérieusement venir à bout du néo-nazisme en confortant l’ignorance de la population sur ce phénomène ? Enfant, on m’a pourtant appris que pour combattre un ennemi, il faut d’abord bien le connaître. M’aurait-on menti ? Il faut savoir que deux méthodes existent pour empêcher qu’un enfant fasse des bêtises : les sentiments (peur, compassion…), ou la raison, c’est-à-dire l’explication. Alors certes, l’enfant « population » se montre parfois turbulent, mais je crois encore assez en l’espèce humaine pour penser que nous sommes revenus de l’époque où nous avions recoure aux terrifiants mythes et légendes pour entretenir une paix relative. Notre civilisation n’en est plus à ses premières heures, les drames de la shoah sont bien loin derrière nous. Scandaleux ? Oui, je veux bien l’entendre, mais quoi qu’on en dise, la jeunesse qui apprend les évènements de 39-45 dans les manuels scolaires et la rejoue sous des formes déguisées dans les jeux vidéos n’a pas connue la guerre. Le 21ème siècle ne vit pas la peur au ventre de voir de vieux monstres sortir de sous son lit. Persuader ne suffit plus, il faut convaincre.

Enfin, et pour conclure, j’ai lu un jour dans un roman (GLOBALIA, J-C. Rufin) une remarque pertinente. A peu de chose prêt, cela disait que toute chose rare, ou qu’on cherche à cacher, devient systématiquement objet de convoitise, au risque d’être idéalisé.

A méditer.

Ceci n’est qu’une hypothèse.

Céleste CSM

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