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Ce weekend j’ai réuni mon club des 5 au cinéma pour aller voir une comédie. Nous avions besoin de rire et de nous aimer un peu après cette semaine bercée par les manifestations, les violences policières et les rétrospectives sur les attentats. A notre manière, nous voulions nous aussi passer une nuit debout à protester contre la rage et la peur.

Samuel (Pierre Niney), fils d’un industriel du textile, parigo bobo dans la vingtaine, décide de réaliser son rêve d’enfant : vivre en colocation avec ses cinq meilleurs ami(e)s, plus le chien. Forcément, ça nous parle, et on s’attend à découvrir le portrait débrider de nos années à la fac. C’était sans compter sur la classe sociale de nos protagonistes. Leur slogan ? « Sam régale ! » La jeunesse a le goût des belles choses, mais pas forcément les ressources financières correspondantes : Sam décide de payer la moitié du loyer exorbitant d’un appartement qu’on devine situé dans les beaux quartiers. Nous sommes bien loin déjà des petites galères quotidiennes d’étudiants qui font le miel de la vieillesse. Cependant le père de Sam apprend que ce dernier, loin de suivre des études de médecine comme il le prétendait, suit des cours de théâtre. Se sentant trahi et humilié, son père décide de lui couper les vivres. Craignant de décevoir ses amis et de les perdre à leur tour, Samuel ne dit rien aux autres et tente d’assumer sa part du loyer multipliant les petits boulots, puis en vendant de l’herbe.

Le film avait tout pour être excellent. Les quotas étaient respectés : un chien + cinq personnages, dont Nestor, un beau métis joué par Idrissa Hanrot, et Julia, une blonde caractérielle interprétée par Margot Bacilhon. On comprend à l’issue des présentations que chaque personnage a son petit caractère et ses travers qui forment une somme de personnalités variées et bien trempées. Seulement voilà : certains personnages n’évoluent pas au même titre que les autres au cours de Five. Pas caricatural du tout, notre métis se résume à ses exploits sexuels avec en contrepoids – bonne conscience oblige – son statut de brillant étudiant en droit. Un personnage ambitieux pour un film sans ambition : c’est dommage, on aurait aimé lui voir attribuées plus de répliques, et moins de mugissements. Les personnages féminins ne gagnent guère plus en nuances. Notre blonde colérique, elle, se retrouve cloisonnée dans un rôle de figure maternelle, tandis que le crush de Sam, Maïa (Lucie Boujenah), est une parodie de manga type « shojo ».

Bref, une gentille comédie sur fond de rap US et de placement de produits. La comédie dédramatise tout, rien n’est grave, et même le visage rouge du voisin passé à tabac est vite effacé par le bleu d’une plage thaïlandaise.

LOL avait signé le portrait de mon adolescence ; Five n’est qu’un aspect de nos vies d’étudiant(e)s, la crème de la crème en était un autre. Il faudrait rappeler à tout ce beau monde qu’on peut rire sans avoir la CB d’un fils de ministre et, surtout, qu’on peut rire en tenant des propos intelligents.

On s’est bien marrés quand même.

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