Home

J’étais Néréide,
Ondine aux iris brûlés,
Dansant, bohémienne, serpentant sous les cascades,
Pluies fraîches et lactescentes,
Entrelaçant ma crinière de tes perles nacrées au firmament.

Ondoyante, je laissais les gouttes ruisseler sur mes yeux clos,
Délicats flocons déposés sur mes paupières rougies par des larmes saveur de sel,
Et emplissais ma bouche entrouverte de liqueurs éthéréennes.

Là, sous ce voile lacrymal, tu apparus,
Ange prisonnier d’un obélisque de cristal chantant.

J’y apposais ma joue, l’embrassant de mes cils, épines vénéneuses de dionée.
Succombant sous mes dents et ma langue mortifères,
La stèle vole en éclats, et devient paillettes de diamants.

L’ange déploie ses ailes opalescentes,
Mais retenu sur terre, s’égare dans l’effeuillage
De pétales creux où sommeillent,
Pièges passifs, leurres sournois, Les étangs profonds et visqueux où se noient mes proies.
Enfin, les cieux de la raison t’appellent et te sauvent, te portant vers ton devoir.

Pour moi la terre, l’instable mouvement du vivant.
Pour toi les astres, l’infinité immortelle.

À moi la renaissance, le cycle de la vie, l’ouroboros qui se mord la queue mais jamais n’avance,
Rond comme un nid où déposer tes œufs d’agate blanche.

À toi les aurores boréales, reflets du soleil sur l’armure de Valkyries sillonnant les nappes de l’azur,
Emportées comme des globes lumineux,
Étoiles filantes sur la voûte céleste.

À moi les feus ardents et les eaux déchainées,
À toi l’air et la terre, mère nourricière créatrice de trésors.

Désormais,
Tes pierres bordent mes torrents,
Retiennent mes crues,
Étouffent mes incendies et leur survivent.

Ton souffle décide des courants et des flux marins,
Obéissants aux phases du masque lunaire qui est tien.

Tes créatures célestes seront mes guides.

Désormais,
Mes racines et abysses envieuses, temples secrets,
Sont le coffret de tes pierreries.
Ma sève et mon sang, leurs scellés et cadenas ensorcelés.
Mes monstres marins, géants et dragons assoupis sous la roche ou dans le lit des rivières,
Leurs geôliers et joailliers jaloux,
Les gardiens de tes joyaux.

Les gorges de mes plantes carnivores seront les urnes de tes améthystes.
Le ventre fécond de mes serpents mythiques, l’écrin de tes émeraudes.

Polies par les marées, Rendues rondes et lisses dans l’écume
Elles rouleront sur mes lèvres et mon corps,
Froides sur mes seins incandescents,
En glaciers érigées dans les vallées de mon ventre,
Elles apaiseront le feu charnel où baignent les salamandres.

Tu me drapes de lumière bleutée,
Couvres ma peau de grenats,
Et sur mon dos cambré,
Tisses quatre ailes,
Membranes souples et fragiles empruntées aux papillons,
Vibrantes sous l’onde de tes mots.

Toi, prince d’orient, souverain en exil,
Apatride banni de l’empire perse.
Moi déesse phénicienne, porteuse du Rêve et des fleurs de safran,
Génitrice des juges des enfers.

Les Cieux et les Océans,
Miroirs qui, en se regardant, ouvrent les portes de l’infini.

Deux êtres apparus dans un mirage,
Séparés par l’espace, le temps, et le voile du songe.

 

*à Djinn

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s